Devenir fermière fleuriste

Ah, la beauté des fleurs au printemps, l’odeur des roses trémières, les pâquerettes qu’on cueille dans les champs… On a tous des souvenirs de fleurs, des parfums qui nous reviennent de l’enfance, le jardin des grands-parents, les colliers de fleurs, etc.

Il est pourtant devenu très difficile de retrouver ces parfums et ces couleurs chez les fleuristes traditionnels. En effet, la plupart des fleurs que l’on trouve dans le commerce aujourd’hui sont importées et cultivées de façon artificielle : culture intensive, engrais, modifications génétiques, etc. Et il faut reconnaître qu’elles manquent parfois de naturel et de parfums…

Pourtant, ces dernières années, le changement climatique nous a fait prendre conscience qu’il était urgent de changer notre mode de vie et de consommation. Cette urgence nous pousse à revenir à des modes de consommation plus naturels : fruits et légumes de saison, mais aussi fleurs de saison. Les modes de cultures ont eux aussi tendance à se tourner vers l’agriculture biologique et naturels

Et cela vaut également pour les fleurs, c’est ainsi qu’un nouveau métier est apparu celui de : fermière fleuriste.

Largement mis en avant sur les réseaux sociaux, le métier de fermière fleuriste fait rêver. Les photos de jardins fleuris et de bouquets fraîchement coupés pullulent sur le net. Pour notre plus grand plaisir d’ailleurs.

En effet, quelle personne ne rêverait pas d’être entourée de fleurs toute l’année, d’être indépendante et de travailler au grand air ? Cependant comme n’importe quel métier de l’agriculture, ce dernier n’est pas toujours facile et présente des inconvénients.

Nous allons aborder les différents avantages et inconvénients de ce métier et tenter de vous apporter des réponses aux questions que vous vous posez : En quoi est-ce que cela consiste ? Quelles sont les débouchées ? Comment vendre des fleurs ? Et comment se lancer dans la floriculture ?

Qu’est-ce que le métier de fermière fleuriste ?

Le terme de fermière fleuriste est apparu assez récemment, mais qu’est ce qui se cache réellement derrière ce terme ? 

Pour faire simple, le métier de fermière fleuriste consiste à faire pousser des fleurs naturellement, en fonction des saisons et à les revendre sous forme de bouquets simples ou de compositions florales. 

Rien à voir donc avec les grosses fermes florales qui produisent de grandes quantités de fleurs coupées qui sont ensuite revendues à la tige aux différents grossistes.

Cependant, il se décline en fonction des besoins et des envies de chacun. En effet, la culture peut se faire sur un petit lopin de terre ou sur plusieurs hectares. Certaines vendent leurs fleurs directement à leurs clients, ou en boutique, d’autres ne vendent leurs fleurs que sur les marchés ou directement aux fleuristes locaux. Les bouquets peuvent être très simples ou au contraire être vendus sous forme de compositions florales très élaborées qui ressemblent parfois à de véritables œuvres d’arts …

La façon de cultiver les fleurs varie également en fonction de la taille de l’exploitation et des moyens mis en œuvre. En effet, dans les petits jardins ou micro-fermes florales, tout se fait en général à la main. Mais il existe des fermes florales plus importantes équipées de tracteurs de serre, et d’autres moyens techniques pour faire de la culture bio.

Avant de vous lancer, il faut tout d’abord choisir votre modèle d’exploitation et de culture florale, en tenant compte de vos moyens et de votre projet. Est-ce que vous envisagez de vivre de cette activité ou est-ce que cela représentera seulement un revenu complémentaire ? 

Se lancer dans la floriculture : quelles débouchées ?

Il existe plusieurs diplômes qui vont du CAP agricole à la licence professionnelle en gestion des organisations agricoles, en passant par le bac ou le brevet professionnel, et qui permettent de se lancer dans la floriculture. Avoir quelques connaissances des fleurs et des plantes permet de se lancer plus facilement.

Le marché des fleurs est un marché qui progresse ces dernières années. De nombreux postes sont proposés en jardinerie, en pépinières ou encore en gazonnière.

Le marché des fleurs d’intérieur se développe également et de nombreuses entreprises cherchent à agrandir leurs équipes et leur production. C’est le cas également des entreprises de jardinage, qui ont besoin de paysagistes. 

Mais vous pouvez, également, ouvrir votre propre ferme florale, pour travailler en totale indépendance et revendre vos fleurs directement aux clients.

Entreprise de floriculture : comment se lancer ?

Comme pour n’importe quelle entreprise, avant de se lancer, il faut faire une étude de marché. Connaître les différentes entreprises concurrentes présentes dans votre secteur et bien entendu vous renseigner sur l’offre et la demande de vos produits : la demande est-elle suffisante dans votre secteur ?

Définir ses besoins

Il faut ensuite définir vos besoins en fonction de votre budget et de votre projet. Si vous souhaitez vous lancer dans la floriculture pour avoir un complément de revenus. Un petit lopin de terre ou même simplement votre jardin peuvent suffire à vous lancer, on parlera alors de micro-floriculture.

Vous pouvez également faire le tour du secteur pour trouver des parcelles de terrain à louer. En effet, certains agriculteurs possèdent des terres qu’ils n’exploitent pas, ils seront sans doute ravis de vous les louer.

Si vous vous lancez pour la première fois dans la floriculture bio, n’hésitez pas à demander conseil à des professionnels de l’horticulture. Vous pouvez également suivre une formation pour apprendre les bases du métier : quels produits utiliser et quelles sont les meilleures techniques à employer pour cultiver les fleurs. Renseignez-vous également sur les variétés de fleurs qui poussent dans votre région et sur leur saisonnalité.

Le matériel

Même si vous démarrez une petite exploitation, un minimum de matériel est nécessaire. Il faudra donc en tenir compte dans votre budget prévisionnel. Outre les différents engrais et terreau biologiques, il vous faudra également un système d’arrosage ou à minima un arrosoir. Cultiver la terre c’est aussi la préparer et l’entretenir, il vous faudra donc tous les outils indispensables : râteau, pioche, binette, etc. Si vous exploitez plusieurs hectares, vous devrez bien entendu vous équiper d’un tracteur.

En fonction des températures et de la météo de votre région, il faudra envisager d’avoir recours à une serre pour protéger vos fleurs des intempéries et du froid. Il existe aussi des bâches de protection à installer lorsqu’une grosse averse ou un coup de gel est prévu.

Comment vendre vos produits ?

Comme on l’a vu précédemment, il existe de nombreux canaux pour vendre les fleurs fraîches de saison. À commencer par les marchés, certaines fermières fleuristes ne vendent que par ce biais. D’autres encore disposent d’une boutique ou revendent leurs surplus à des grossistes. Sachez enfin que certains fleuristes en quête d’authenticité achètent directement des fleurs fraîches aux fermes florales.

Certaines fermières fleuristes proposent des abonnements qui permettent à leurs clientes de recevoir des bouquets de fleurs chaque semaine. Et enfin, certaines de ces fleuristes proposent des compositions florales beaucoup plus élaborées pour la décoration de salles ou encore pour des mariages par exemple.

Il n’y a pas de méthode miracle, tout dépend de votre production et de votre clientèle. Vous pouvez bien évidemment mixer ces différentes solutions, pour que votre ferme soit rentable.

Un métier difficile

Le métier de fermière fleuriste fait rêver, en effet nombreuses sont celles qui postent de superbes photos de leurs fleurs sur Instagram. Mais au-delà du côté glamour, c’est un métier qui est tout de même difficile physiquement et parfois un peu stressant.

Les saisons

Généralement, le travail se déroule entre mars et octobre ou novembre. Il faut tout d’abord préparer la terre et faire les semis. Puis désherber et surveiller la croissance des fleurs. Une fleur trop ouverte devient rapidement invendable, c’est donc une surveillance de tous les instants lorsqu’on sait que certaines fleurs s’ouvrent très rapidement en cas de forte chaleur. De plus, chaque fleur a sa période de floraison, certaines fleuriront au début du printemps, d’autres en plein cœur de l’été et les dernières marqueront la fin de la saison en automne. Il existe bien entendu des fleurs qui fleurissent en hiver, comme les poinsettias par exemple, mais elles sont tout de même un peu plus rares.

La météo

Il faut constamment surveiller la météo, car il faudra protéger les fleurs autant que possible en cas d’intempéries. Une grosse averse, des grêles ou un coup de gel en plein milieu de la saison peuvent facilement ruiner toute la production. Il faut être capable de réagir vite, oubliez donc vos vacances d’été !

La fatigue

Passer des heures à travailler dans la terre en plein soleil ou jusque tard dans la soirée n’est pas donné à tout le monde. En effet, cela requiert d’avoir une bonne condition physique. Sans compter les compositions et les livraisons à effectuer quotidiennement.

Et enfin, une ferme florale est une entreprise qui vend des produits périssables. Il peut donc y avoir des moments de stress lorsqu’il faut écouler la production avant que celle-ci ne soit perdue.

Ce métier reste néanmoins idéal pour les passionnées de fleurs et de grand air. Nombreuses sont celles qui sont heureuses de s’être lancées dans l’aventure et qui ne reviendraient pas en arrière. En plus, cela permet de retrouver les couleurs et les senteurs des jardins de notre enfance…

La culture intensive bio, une alternative écologique ?

Dans les années 70-80, certains pays ont développé la culture intensive bio, en utilisant des produits phytosanitaires et des OGM afin d’augmenter les productions, pour faire face à la demande croissante des populations. Cependant, cette agriculture verte a trouvé ses limites puisque les produits phytosanitaires polluent les sols et que l’irrigation massive les assèche. Elle n’est donc pas idéale pour l’environnement.

Depuis le milieu des années 90, de nombreuses réflexions ont été menées afin de trouver des solutions alternatives à la fois à l’agriculture industrielle et à la fois à l’agriculture intensive BIO. C’est ainsi qu’est apparu le concept d’agriculture raisonnée, longuement soutenue par l’État français.

Ce type de culture part du principe qu’il faut respecter l’écosystème local en adaptant la production aux règles de la nature sans la forcer et en limitant l’apport d’engrais et de pesticides. Cependant, celle-ci a également trouvé ses limites, notamment à cause d’une réglementation assez floue.

Récemment, un nouveau concept a donc vu le jour : “ L’agriculture intégrée “. L’idée est de trouver une solution qui permettrait de répondre aux besoins de la population mondiale grandissante tout en respectant l’environnement.

Les fermes et micro-fermes florales entrent dans les critères de ce concept, puisque la culture des fleurs se fait au rythme des saisons tout en respectant l’environnement.

En résumé

Le métier de fermière fleuriste tend à se développer ces dernières années. Il consiste à faire pousser des fleurs le plus naturellement possible en respectant la saisonnalité de ces dernières, puis à les revendre directement du producteur au consommateur.

Bien que la profession soit encore peu encadrée, il existe des formations qui permettent de démarrer une exploitation dans de bonnes conditions.

Il n’est pas nécessaire d’avoir des hectares de terrains pour commencer son activité. Et bien que saisonnier c’est un travail fatigant et relativement exigeant. Il existe différents canaux de vente, pour les fleurs : marché, fleuriste locale ou encore internet. La demande est d’ailleurs en forte progression ces dernières années.

Ce métier s’adresse à celles qui aiment travailler à l’extérieur, qui ne craignent pas de se salir les mains et qui sont passionnées par les fleurs. Ce type de culture est sans doute un excellent modèle pour l’agriculture de demain. Puisqu’elle respecte le rythme naturel des fleurs tout en prenant soin de l’environnement.

Elle permet en outre de découvrir ou de redécouvrir des fleurs et des parfums de saison presque oubliés.  Maintenant que vous savez tout, il ne reste plus qu’à vous lancer. N’oubliez pas de prendre des photos de vos compositions florales et de les partager !

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